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En confirmant depuis 1996 l'idée d'une
remise en perspective des rapport entre le patrimoine et la
société ou entre le patrimoine et l'identité,
puis en tirant en 2001 les conséquences d'une campagne sur
le "patrimoine commun", les Ministres responsables réunis
par le Conseil de l'Europe ont constamment insisté sur les
fonctions sociales de l'héritage du passé.
Par ailleurs, les responsables des sites ont
dénoncé régulièrement depuis quelques
années le culte du monument et "l'abus monumental", voire
même "l'hystérie" ou la "religion" patrimoniales, soulignant
ainsi la domination de la valeur d'échange et de la valeur
marchande sur la valeur culturelle et l'apparition de nouvelles
formes d'appropriation identitaire.
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discours
Le patrimoine est médiatisé. Le
patrimoine est un média. Et à ce titre il fait
l'objet de discours multiples, mais aussi, et c'est plus
récent d'une récupération commerciale par les
sociétés qui possèdent les moyens de la
numérisation et de l'information en réseaux. Discours
des guides, des brochures touristiques, des sites internet et des
produits multimédias. L'Institut, en travaillant dans le
cadre de la Campagne "L'Europe, un patrimoine commun" a pris
conscience que le cadre des itinéraires culturels permettait
d'introduire dans certains des thèmes une réflexion
sur ces discours. Autrement dit, il a provoqué et
préparé des rencontres, en s'appuyant sur la demande
des Etats ou des opérateurs, pour poser une question
pratique : comment interprète-t-on un patrimoine culturel en
termes européens ? Et ceci en tenant compte de deux
considérations : la dimension multiculturelle du patrimoine
et la dimension plurielle de sa visite (s'il s'agit d'un monument)
ou de sa pratique (s'il s'agit d'une tradition, d'un savoir faire
ou d'une fête).
citations
Nous avons retenu, en guise d'introduction,
certaines des remarques des intervenants de quelques-unes des
réunions dont nous avons été responsables ces
dernières années.
"Est-ce que le mur de Berlin avant sa
démolition était ou non un patrimoine ?
Démoli, il est maintenant sans aucun doute un patrimoine
fondateur." (Zoé Petre)
"Lorsque Raphaël, Rembrandt, Rubens ou
Gainsborough peignaient, lorsque Chopin, Moussorgski ou Rameau
écrivaient leur musique, ils étaient des artistes
contemporains. Nous avons, certes, un devoir de conserver ce que
les générations passées nous ont
laissé. Nous avons un devoir de transmettre ce patrimoine
aux générations futures. Mais nous avons un devoir
plus impérieux encore, de l'enrichir du message de notre
époque." (Michel Krieger)
"C'est donc seulement au moment où le
présent se reconnaît comme différent du
passé que l'histoire commence et qu'on peut se poser la
question qui nous préoccupe ici : comment sauvegarder, ou
restaurer en tant que tel, un passé autre que notre
présent." (Sorin Alexandrescu)
"Toute une dimension de l'approche du
patrimoine est faite d'expériences sensibles. Le jeu de la
lumière entre les colonnes de la grande mosquée de
Cordoue en dit peut-être plus au visiteur sur
l'expérience religieuse de l'Islam et du christianisme en
ces lieux que des pages imprimées." (Catherine
Bertho-Lavenir)
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En prenant ainsi en compte des situations
tranchées : le sort des patrimoines du totalitarisme, la
place oubliée du travail et des "travailleurs" dans la
constitution du patrimoine, le rapport au passé qui passe
par le deuil et la ré-affectation des usages ou encore
l'expérience touristique, ces citations soulignent bien
l'urgence de donner une contrepartie pratique, appliquée aux
itinéraires culturels, à l'ensemble des
réflexions qui se poursuivent tant au sein du Conseil de
l'Europe, de l'UNESCO, que de l'ICOMOS, de l'ICCROM ou de
l'ICOM.
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