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"Plus que des hasards de la nature, il n'est de
frontières que ce qu'en invente l'homme. Celles de l'art
sont heureusement plus difficiles à tracer, et les bornes
floues de ses propriétés disent la vanité des
titres de propriétaire."
"Culture migrante, le Baroque est cependant, pour
moi, un art d'accueil qui s'adapte localement parce qu'il adopte
sans discrimination des modalités locales : partout
intégré car intégrant les tissus divers du
métissage culturel." (Benito Pelegrin)
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du centre vers les périphéries
L'Homme baroque est le premier Européen
à connaître la mondialisation. Il intègre le
vertige du nouveau, sans limites, hors de son propre continent
originel. Il sent fondre ses repères, dans un ciel où
la Terre n'est plus un centre, mais un parcours sur ellipse. Il
connaît la Réforme protestante, l'adopte ou si oppose,
mais s'estime insatisfait de son rapport avec le divin. Il se situe
à la limite de plusieurs continents et cherche à
contenir à l'Est une religion "barbare" qu'il a combattue au
Sud, quelques années plus tôt. Son incroyance relative
cherche des motifs pour créer de nouvelles valeurs. Sa
domination récente des terres qu'il colonise, lui donne le
courage de reconquérir sur son propre sol des territoires
devenus ennemis dont il considère la possession comme
légitime. Il reconstruit et urbanise, après des
tremblements de terre qui ne sont pas seulement matériels,
mais aussi psychologiques et après des bouleversements
religieux qui touchent autant à l'image de Dieu qu'à
l'esthétique théâtrale dont les artistes
l'entourent.
"Le Baroque est une tendance, une pulsion globale,
le Classicisme une volonté particulière" ajoute
Pelegrin. Et cette pulsion parcourt le continent européen
comme un tourbillon poussé par un esprit de
reconquête. Même si le Baroque - pour toutes ces
raisons qui tiennent à des transitions et des basculements -
est une des grandes clefs de lecture du continent européen,
nous avons choisi, vous l'aurez compris, d'en développer les
extensions, d'en explorer les limites géographiques et les
périphéries philosophiques, plutôt que de
revenir trop longuement sur les origines.
Cliché MTP
tout commence à Queluz
En 1988, le Conseil de l'Europe a réuni un
colloque d'intellectuels au Portugal pour cerner "La contribution
du Baroque à la Pensée et à l'Art
Européens". Benito Pelegrin était justement
l'un des premiers intervenants. Il y présentait la morale
baroque de Baltasar Graciàn et caractérisait
ainsi un homme baroque adaptable "Héros
caméléon", tandis que Antonio Bonet Correa lui
opposait Caramuel, madrilène né d'un
père luxembourgeois, homme dont la curiosité infinie
confinait à la recherche de l'universel. Dans cette
première rencontre, on se dirigeait aussi vers une
définition stylistique. Ayant défini le
frontière entre Classicisme et Baroque, il restait à
cerner celle qui sépare le Maniérisme du
Baroque : "Féminité, moirure des plis et replis, art
du détail et du secret, du dévoiler-occulter : nous
sommes exactement dans le jeu des codes et l'art de l'oblique
propre à un espace stylistique que je voudrais interroger
ici : celui de la manière, cette maniera qui servira de
référence esthétique, voire philosophique, à
près de trois siècles de développement
artistique" ajoutait Christine Buci-Glucksman. Alain
Roy complétait le propos en évoquant le paradoxe
du Baroque en terres protestantes.
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On pourrait dire de tous ces textes - dont nous
invitons les visiteurs du site à prendre connaissance en
base de données - qu'ils donnent une image
singulièrement riche d'une époque, d'un style
monumental, musical et pictural, mais surtout d'un contexte
historique de transition. Mais ces textes qui visent a
éclairer le passé peuvent nous servir aujourd'hui
à mieux comprendre un contexte de mondialisation et de
transition encore plus complexe.
Il ne faut surtout pas oublier qu'en raison de leur
diversité, ils nous invitent au voyage et qu'ils le
préparent de manière à nous donner les clefs
de lecture qui nous manquent devant la variété des
expressions du Baroque.
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Si nous sommes plongés en permanence dans
un Baroque occidental musical dont les interprètes ont en un
peu plus de trente ans ré-analysé l'esthétique
et revu les modes d'interprétation, la forte présence
de l'Italie, de l'Allemagne, de la France ou de l'Espagne dans
cette nouvelle musicographie fondée sur Vivaldi, Lully,
Bach, Haendel ou Purcell, ne doit pas nous faire oublier
que Karl Ditters von Dittersdorf était maître
de chapelle d'Oradea et que Sartorius (le jeune) est
né à Sibiu et mort à Brasov. De même, il
ne faut pas être surpris du fait que parmi les domaines de
coopération culturelle et touristique proposés par
des pays comme l'Ukraine ou la Biélorussie, figurent les
monuments baroques.
Ce sont donc des lieux et des images de cette
"centralité déplacée" que nous vous proposons
dans les pages qui suivent. Elles sont destinées à
ouvrir de nouvelles portes et à proposer des visites de
villes et de régions dont le dynamisme touristique se
découvre et se construit en même temps.
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Selon un principe commun aux pages de ce domaine,
des notices sur les mots mis en relief, tout comme des propositions
concrètes de voyages, ponctueront les éléments
présentés en base de données, pour en savoir
plus.
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