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A la suite de la Déclaration de Saint Jacques de Compostelle du 23 octobre 1987, le Conseil de l’Europe a initié un travail d’identification des chemins. Ces travaux ont été entrepris sous l'égide d'un groupe de spécialistes venant de Belgique, de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et du Royaume-Uni, voire de l'Europe du Grand-Nord, ayant travaillé eux-mêmes en liaison avec des experts et des institutions spécialisées de différents pays. Une carte générale a été établie et a servi de base de travail à des études ultérieures.

Le Professeur René de Lacoste-Messelière insistait dès ces premières rencontres sur l'importance de tenir compte des lieux de rassemblement secondaires et sur l'importance tout aussi grande du rôle des ports puisque les trajets maritimes ont également joué un rôle important. Il indiquait clairement - ce qui est essentiel et qu'il ne faut pas oublier - qu'on ne pouvait isoler les chemins parcourus en France de leurs liaisons avec les autres régions d'Europe, les routes terrestres venues d'Europe centrale ou d'Europe du Nord, comme les routes maritimes venues de l'Extrême Nord ou de l'Angleterre et de l'Irlande. Comme l'écrit José Maria Ballester : "Toutes ces traces prennent leur sens lorsqu'elles s'intègrent à une globalité, ici celle de l'Europe.

recherche et tourisme

Chapiteau. Saint-Amant-de-Boixe, France. Cliche MTP

Le site de l’Institut Européen des Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe propose déjà une présentation du premier Itinéraire Culturel du Conseil de l’Europe qui a reçu en 2004 la mention « Grand Itinéraire » (Atlas itinéraires culturels). Nous avons par ailleurs demandé à la Fondation David Parou de remettre en perspective quelques idées reçues sur « L’Europe des pèlerinages » et d’indiquer aux lecteurs quelles perspectives nouvelles la recherche vivante ouvre aujourd’hui. Ce travail se poursuit chaque jour et est publié régulièrement sur le site de la Fondation.

Comme l'indique Denise Péricard-Méa : « Le Professeur René de La Coste "savait bien que les recherches, dans leur immense majorité, dataient du XIXe siècle et des années 1930-1960. Il savait l'existence de nombreux documents qui restaient inexploités et qu'il convenait de faire parler, à commencer par le Guide du pèlerin lui-même. Bien après les travaux de Jeanne Vielliard, les deux dernières thèses sur le sujet dataient, l'une de 1970, l'autre de 1975 : André Georges en histoire de l'art pour la Belgique et le Nord de la France et Gérard Jugnot en histoire du droit pour le « chemin du Puy » avaient ouvert de nouvelles pistes de travail, mais personne n'avait pris le relais. »

Au soleil couchant à St Michael's Mount, 2000. Cliché GMW

Parmi ces pistes de travail, la volonté de mettre en perspective les parcours des voyageurs sur les chemins - dont tous n'étaient pas pèlerins, loin s'en faut, pour donner une véritable lecture "humaine" des chemins ou celle de mettre également en perspective les légendaires locaux qui attiraient autant de démarches de foi tournées vers Saint-Jacques, en dehors d'une marche destinée à atteindre la Galice, sont certainement parmi les plus intéressantes.

Volonté qui s'affronte malheureusement parfois à une logique d'aménagement qui cherche à établir des chemins majeurs en les traitant à l'égal des offres touristiques de masse, certes en les aménageant correctement, mais en les simplifiant, en réduisant le message à des poncifs, voire à des caricatures. Un phénomène auquel le Conseil de l'Europe doit être attentif puisque l'esprit de pèlerinage sur lequel il appuyait son initiative un peu utopique est devenu en vingt années un produit et même parfois une mode ou un mode de vie qui semble autoriser toutes les libertés prises sur la vérité historique et la recherche patrimoniale.

Abbatiale de Longpont-sur-Orge, France. Cliché Longpont-sur-Orge

Nous ne pouvons par ailleurs qu'adhérer à la conclusion partielle que propose Madeleine Griselin : "Victimes de leur succès, les chemins de Saint-Jacques (et particulièrement le Camino francès) souffrent de surfréquentation aux périodes « traditionnelles » de pèlerinage et de vacances (juillet-août). Tous les guides sont rédigés en fonction d'un cheminement dans cette période.

En cette Année Sainte 2004 et tout particulièrement lors du 25 juillet, de nombreux pèlerins et marcheurs venus en Galice ont pu se demander fort justement, devant une sorte de foire d’empoigne si le message du Conseil de l’Europe ne s’était pas perdu au profit de la seule attractivité touristique.

alternatives

Aire d’autoroute d’Hastingues, France. Cliché MTP

C’est le rôle des spécialistes de travailler à enrichir la discussion sur l’histoire du pèlerinage. C’est celui des Associations jacquaires de les y aider par la recherche local et de préparer ceux qui partent marcher. C’est certainement le rôle de l’Institut Européen des Itinéraires culturels d’analyser, de faire des choix et de proposer à ceux qui veulent parcourir les routes de l’Europe des alternatives, des découvertes, des initiatives qui font que si « on ne part pas pour Compostelle sans un déclic préalable qui, un jour, fait dire « je partirai ». Au Moyen Age, on appelait cela un vœu de pèlerinage. Selon les personnes, ce départ a lieu à plus ou moins longue échéance après la naissance de ce désir initial, indispensable temps de maturation. » (Denise Péricard-Méa), ceux qui sont partis ne reviennent pas déçus par les routes qu’on leur a proposées.

Passeport de pèlerin.

Qui sait vraiment que le County Council des Cornouailles a balisé et aménagé en 1994 un parcours "The St Michael's Way"qui se déroule de la côte nord des Cornouailles, en commençant à l'église de Saint Uny à Lelant, jusqu'à la côte sud au Mont Saint-Michel ?

Comment faire connaître les efforts réalisée en Poitou-Charentes, les nouvelles routes allemandes, les chemins de la Baltique ?

Que recommander ou que déconseiller à ceux qui veulent pratiquer une longue marche sans se retrouver sur un boulevard ?

C’est le but de cet espace de l’Europe découverte qui veut « Favoriser la rencontre de personnes venues des quatre coins du continent et leur montrer un chemin unissant passé et avenir. »

 
 
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