|
C'est à partir d'un rapport d'expert sur un
itinéraire de l'habitat rural en Roumanie
présenté au Conseil de l'Europe en 1996 que s'est
développée l'idée d'un concours tourné
vers les bonnes pratiques en matière de restauration et de
création architecturale contemporaine dans les Pays de l'Est
et du Centre de l'Europe.
Entre octobre 1997, où s'est tenu à
Sinaia le premier séminaire sur le thème
"architecture et tourisme" et septembre 1999 où a eu lieu
à Sibiu la réunion du jury pour la seconde session
d'un concours, une action - réflexion originale,
modèle de coopération européenne, s'est mise
en place avec l'aide de l'Institut.
|
|
pour un itinéraire de l'habitat rural en
Roumanie
A la suite d'un stage au Conseil de l'Europe en
1995, Claudia Constantinescu, architecte et urbaniste de l'Institut
Prodomus S.A. - Bucarest a présenté en 1996 un
rapport au Conseil de l'Europe visant "un essai de diagnostic pour
la Roumanie en ce qui concerne l'intégration de son
patrimoine rural aux itinéraires culturels du Conseil de
l'Europe".
Cimetière du Maramures, Roumanie. Cliché CC
Son analyse, partant de la situation
démographique, ethnique et économique de son pays a
présenté les réalités et les
potentialités du patrimoine et du tourisme en milieu rural.
Pour reprendre ses propres termes : "Le tourisme rural n'est pas
nouveau en Roumanie. Dans une période antérieure
à l'idée même de tourisme - dans l'acception
actuelle de cette activité - vers les villages se
dirigeaient les commerçants et les citadins, eux-mêmes
venus du monde rural où ils avaient laissé non
seulement une partie de leur vie, mais des parents proches, des
terroirs, des vergers, des fermes et des maisons."…"Pour ce
qu'on appelle le loisir de fin de semaine, les sorties aux villages
de proximité constituaient des formes de détente
habituelle pour les habitants des grandes villes comme Bucarest,
Iasi, Cluj ou Sibiu. Toutes les grandes villes avaient leurs
réseaux de localités périurbaines capables
d'assumer une telle sollicitation et d'anticiper une forme de
tourisme aujourd'hui de plus en plus recherchée". Le rapport
présente encore en tant que lieux d'accueil, le cas des
ensembles monastiques, des villages du bord de la Mer Noire et du
delta du Danube.
A partir des années 70, avec la
création du Ministère du Tourisme et du
développement d'un tourisme international, le Centre
d'Etudes du Ministère élabore des documents qui
proposent 117 "villages touristiques" dont certains sont
expérimentés en ce sens en 1973. Mais cette
expérience a eu du mal à s'étendre, compte
tenu de la nouvelle loi de 1974 concernant l'interdiction de
l'accueil des étrangers chez l'habitant dont l'application
s'est poursuivie jusqu'en 1990.

Maramuzical, Botiza Roumanie. Cliché CC
En 1994, le Ministère du Tourisme a
commencé à élaborer un plan stratégique
général de développement du tourisme,
bénéficiant des financements du programme PHARE, dont
le volet "tourisme rural" est paru en 1995. Parallèlement,
le Ministère de l'Aménagement du Territoire a
commandé quelques études sur l'évaluation du
patrimoine rural en vue de son intégration dans les circuits
touristiques européens. Des réseaux privés
à vocation touristique se sont mis en place : l'ANTREC,
affilié à la Fédération
Européenne pour le Tourisme Rural (EUROGITES) et
l'Opération Villages Roumains qui après son travail
d'aide humanitaire a lancé une promotion touristique dans ce
secteur tournée vers la Belgique, la France, la Suisse,
l'Allemagne, l'Angleterre et la Hollande. C'est toujours l'OVR qui
a été chargée, dans le cadre de PHARE -
Tourisme, de la création des bureaux d'information dans les
villages roumains et de la signalétique
spécifique.
pour une action expérimentale
Après avoir examiné les
possibilités de coopération au travers des
réseaux du Conseil de l'Europe et des itinéraires
culturels et les bases de la coopération européenne
sur la protection des valeurs culturelles, Claudia Constantinescu
concluait sur la nécessité d'initier une
expérience : "Il faut avant tout créer des
"événements" susceptibles d'intéresser le plus
de partenaires ciblés et en même temps de sensibiliser
le plus grand public concerné", ceci en mobilisant le
minimum de budget pour tenir compte des réalités
locales.
Sinaia Roumanie. Cliché MTP
Une conférence destinée aux
responsables ministériels, aux professionnels du tourisme
rural et aux architectes qui s'est tenue au Musée National
d'Art en juillet 1996 pour présenter le cadre de travail des
itinéraires culturels et les actions menées sur
l'habitat rural au Grand-Duché de Luxembourg (Georges
Calteux) a été suivie par plusieurs missions du
Conseil de l'Europe et de l'Institut qui ont eu lieu dans le Nord
de la Roumanie (Maramures) et le Banat.
L'action expérimentale retenue en fin de
compte a été celle d'un concours "...dans le
cadre de cet itinéraire en Roumanie et dans d'autres pays de
l'Est, une action qui est peut être la plus proche de la
philosophie qui est gérée par l'Association
Ruralité Environnement Développement et le Conseil de
l'Europe... soit l'organisation et le lancement d'un concours
d'architecture relatif au patrimoine rural qui doit ainsi viser
deux objectifs : créer un événement ainsi
qu'un précédent".
|
La proposition d'un tel concours intitulé
"Architecture contemporaine en sites ruraux" a été
reprise officiellement par l'Union des Architectes de la Roumanie
et lancée à Sinaia lors d'un séminaire
international (Roumanie, Hongrie, Pologne, Russie, Ukraine,
Israël) qui a eu lieu du 25 au 28 septembre 1997 en
présence de l'Institut sur le thème "Architecture et
tourisme" et qui visait la préparation du XXème
Congrès de l'Union Internationale des Architectes qui s'est
tenu depuis à Beijing en 1999. Les conclusions du document
émanant de l'UIA Région II adoptent donc cette
idée de concours dans le cadre d'un programme
intitulé "Coopération internationale d'architectes
pour la réalisation des principes d'un développement
durable dans le domaine du tourisme en Europe Centrale et
Orientale, au Moyen Orient et en Asie Centrale".
|
|
|
|
|
|
médiathèque
|
|
|
|
|
|
|