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En lançant les Chemins de Saint Jacques de Compostelle, premier itinéraire culturel européen,
le Conseil de l'Europe a inauguré à la fois une démarche et une méthodologie. L'approche a connu
plusieurs phases au fur et à mesure de l'extension des recherches et de l'augmentation du nombre
de partenaires impliqués.
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Le Conseil de l'Europe s'était fixé en 1987 trois objectifs : l'identification de ces
chemins en Europe, leur balisage par une signalétique commune et la coordination d'un
programme d'animation culturelle en coopération avec des instances gouvernementales,
régionales, locales ou non gouvernementales.
identification
Les travaux d'identification ont été entrepris sous l'égide d'un groupe de spécialistes
venant de Belgique, de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et du Royaume-Uni, ayant
travaillé eux-mêmes en liaison avec des experts et des institutions spécialisées de
différents pays. Une carte générale a été établie et a servi de base de travail à des
études ultérieures.
Le congrès de Bamberg (Allemagne, 1988) organisé en collaboration avec la Deutsche
Jakobus Gesellschaft, celui de Viterbe (Italie, 1989), en collaboration avec le Centre
italien d'Etudes Compostellanes et de Porto (Portugal, 1989), en collaboration
avec les cercles Almeida Garret, ont permis de faire progresser des études et
identifications des Chemins de Saint Jacques. Sont à noter également les travaux
développés en Suisse par l'Inventaire des Voies Historiques (IVS). Une méthodologie
très originale a permis l'identification détaillée de l'Oberstrasse ou voie
supérieure qui venait d'Allemagne et menait les pèlerins jusqu'à Einsiedeln pour
rejoindre les voies transversales. Des recherches ultérieures ont été consacrées
aux voies transversales venant d'Autriche et de Hongrie, de Pologne ou des régions
baltiques. Des travaux similaires sont menés avec le concours des milieux universitaires
et associatifs en Belgique, au Danemark, en Italie et au Portugal, ainsi que sur
les voies maritimes. En mai 1994, le Chemin qui abouti au Mont Saint Michel en
Cornouailles anglaises a été inauguré comme une partie de l'itinéraire culturel
vers Saint-Jacques de Compostelle. En France, les travaux d'identification ont
été conduits et se poursuivent de manière encore trop dispersée à l'initiative
d'associations de pèlerins travaillant le plus souvent avec la Fédération Française
de la Randonnée Pédestre. Divers tronçons de chemins ont été ouverts ou vont l'être
(Genève -Le Puy, Cluny - Le Puy, chemin breton au départ de Locquirec, chemin alsacien,
chemins en Poitou-Charentes, chemins provençaux...).
Statue de Saint Jacques, cathédrale de Compostelle. Cliché MTP
balisage
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Un emblème a été établi par les graphistes espagnols Macua et Garcia-Ramos à la demande
du Conseil de l'Europe. Il comporte trois lectures différentes : la coquille, emblème
traditionnel des pèlerinages vers Saint Jacques, l'idée de convergence des chemins et
celle, dynamique, des mouvements vers l'Ouest. L'emblème lui-même, s'intègre avec deux
autres panneaux où figurent le sigle du Conseil de l'Europe et la légende "Itinéraire
Culturel Européen".
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Un manuel d'utilisation de cet emblème, publié en collaboration
avec le Ministère espagnol des Travaux Publics et des Transports fournit les données
techniques nécessaires pour la mise en place du balisage. Cet emblème n'est
malheureusement pas toujours utilisé, certaines associations lui préférant un balisage
qui leur soit propre.
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revitalisation
Le gouvernement espagnol a demandé au Conseil de l'Europe en 1993, année jubilaire,
de préparer une réunion à Strasbourg portant sur la revitalisation des chemins.
Dans les conclusions de cette réunion, le Conseil de l'Europe a souligné l'importance
de la fonction "structurante" des itinéraires culturels. Il s'agit en effet tout
à la fois de revitaliser un marqueur identitaire autour duquel la population locale
puisse se reconnaître et se mobiliser, de bâtir autour de cette identité des actions
culturelles et économiques et d'accueillir les touristes en créant les conditions
d'un dialogue et d'un respect mutuel réels entre les "visiteurs" et les "visités".
Plusieurs axes de travail ont été retenus :
- constituer un réseau qui porte et développe les actions diversifiées de l'itinéraire
et constitue un relais régional pour garantir la protection juridique et maintenir la
qualité des chemins;
- coordonner et évaluer en permanence les actions entreprises;
- améliorer l'information en mettant en réseau les bases de données et les outils d'information existants;
- tenir informés les acteurs de terrain sur l'évolution de l'ensemble des itinéraires
culturels et de leur méthodologie de mise en oeuvre.
L'un des points les plus importants est celui du rôle joué par les chemins dans le cadre des
politiques sociales et économiques nationales ou régionales. Les chemins doivent constituer
un moteur respectant l'économie locale. Il s'agit d'un faisceau reliant imaginaire et réalité
sociale, un lieu concret d'apprentissage en matière de qualification professionnelle et
sociale, un terrain pour la création d'emplois.
développement et recherche
L'accroissement des connaissances sur le phénomène pèlerin, dans un esprit
pluridisciplinaire a été le parent pauvre des dernières décennies. La publication
des premières hypothèses des chercheurs n'ayant pas été réellement suivie d'études
critiques. La multiplication des initiatives visant la création des chemins
aboutit encore trop souvent à la reproduction d'un discours stéréotypé, sans
véritable effort d'interprétation ouverte et diversifiée. En France, la thèse
de doctorat d'histoire publiée par Denise Péricard-Méa en 2000 a renouvelé la
vision des cultes de Saint Jacques et replacé le pèlerinage vers Compostelle
dans un cadre plus vaste en montrant l'importance de nombreux autres sanctuaires,
ce qui rejoint l'évolution de la démarche du Conseil de l'Europe. Ce travail
devrait servir de base à la revitalisation de ces sanctuaires et à de nouvelles
animations locales.
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Il permet de plus de ponctuer chaque étape vers Compostelle
d'un discours alliant une interprétation locale et spécifique à son contexte européen.
La meilleure connaissance des pèlerins réels ou légendaires qu'elle propose et
l'ouverture aux époques modernes et contemporaines constituent des approches qui
se révèlent riches d'intérêts et de perspectives nouvelles pour explorer les
phénomènes de rencontre des cultures européennes.
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