Le second Forum de Delphes s'est tenu les 17 et 18 avril. Il a envisagé à la fois les modalités de gouvernance et le modèle financier des itinéraires culturels.
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institut européen des itinéraires culturels |
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| Michel Thomas-Penette |
| 01 août 2010 |
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A l'issue de la réunion, les participants ont accepté une Charte indicative des directions de travail destinées à améliorer le fonctionnement effectif des itinéraires culturels.
Cette Charte a été également soumise à la consultation des inscrits qui, en raison des problèmes aériens, n'avaient pu se rendre à Delphes.
Elle a été adoptée définitivement le 30 avril et soumise au membres du Conseil d'Orientation des itinéraires culturels les 3-4 mai et au Comité Directeur de la Culture les 6-7 mai qui en ont pris note positivement.
Photo: de gauche à droite, Lina Mendoni, Secrétaire Générale du Ministère de la Culture et du Tourisme de la République Hellénique, Hélène Ahrweiler, Présidente, Réseaux Delphique et Christodoulos Yiallourides, Directeur du Centre Culturel Européen de Delphes
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Hélène Ahrweiler, Présidente du Centre Européen de Delphes
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CET ARTICLE NE CONTIENT QUE LES TEXTES DE LA CHARTE ET DES CONCLUSIONS GENERALES.
LES ABONNES TROUVERONT EN LIEN LE TEXTE COMPLET EN FRANCAIS ET ANGLAIS.
UNE PLATE FORME DE TRAVAIL COLLABORATIF A ETE MIS EN PLACE AVANT, PENDANT ET APRES LE FORUM.
ELLE CONTIENT NON SEULEMENT TOUS LES TEXTES DES INTERVENANTS EN FRANCAIS ET EN ANGLAIS, MAIS DES TEXTES FONDAMENTAUX SUR LE CONTEXTE EUROPEEEN DU PROGRAMME DES ITINERAIRES CULTURELS, LES NOUVELLES POLITIQUES DU TOURISME DE LA COMMISSION EUROPEENNE, LES PROJETS D'ACCORD PARTIEL DU CONSEIL DE L'EUROPE...
ELLE CONTIENT EGALEMENT UN CALENDRIER INDIQUANT LES PRINCIPAUX EVENEMENTS QUI CONCERNENT LES ITINERAIRES CULTURELS ET LE TOURISME CULTUREL EN EUROPE;
ELLE A ETE CONCUE POUR LES PARTICIPANTS DU FORUM, MAIS AUSSI POUR TOUS LES ABONNES DU SITE DE L'INSTITUT.
SI VOUS N'ETES PAS ABONNE(E)S, FAITES LE !
TOUS LES ABONNES PEUVENT DEMANDER UN DROIT D'ACCES A LA PLATE FORME EN ECRIVANT A :
Aurore Mallet
aurore.mallet@culture-routes.lu
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A l’issue du premier Forum de Delphes en mai 2006, une « Déclaration de Delphes » sur les Itinéraires culturels du Conseil de l’Europe a été adoptée par les participants. Cette Déclaration évoquait la création de « synergies » entre toutes les parties prenantes possibles et proposait l’organisation de futures réunions visant à permettre de mieux cerner les responsabilités liées à la gouvernance des itinéraires culturels, ainsi que les besoins financiers de ce programme.
C’est sur cette base que les gouvernements du Grand-Duché de Luxembourg et de la République Hellénique ont décidé d’organiser un second « Forum de Delphes » sous le titre : « Les Itinéraires culturels en tant qu’outils pour le dialogue interculturel, le rapprochement des cultures, le développement durable, le tourisme culturel et l’intégration de l’Europe ».
Le but principal de ce Forum étant, dans le respect du Règlement des itinéraires culturels et des Chartes qui lui sont attachées, d’identifier et d’analyser les étapes de la mise en oeuvre de ce programme pour bien en dégager les responsabilités, les modes de gouvernance et les sources de financement.
Placé sous l’égide du Conseil de l’Europe, il a réuni ou reçu des messages des représentants de l’Union Européenne, (Commission Européenne, Parlement Européen), de représentants des pouvoirs locaux, de l’UNESCO, de l’ICOMOS, des ONG impliquées dans les questions touchant au tourisme culturel, des réseaux habilités par le Conseil de l’Europe pour la mise en place des itinéraires culturels, des porteurs de projets de nouveaux itinéraires culturels, des Universités et de leurs étudiants, des représentants de la société civile, des organes d’information, des organismes bancaires et des professions du tourisme.
En dehors de la session plénière, trois tables rondes ont abordé les questions suivantes :
1 Outils et produits touristiques des itinéraires culturels
2 Tourisme éthique et responsable
3 Le modèle économique pour les itinéraires culturels et la promotion de la destination Europe
Les conclusions qui ont été dégagées de ces présentations et de ces discussions sont données en annexe.
Toutes les étapes de la mise en place des Itinéraires culturels ont été envisagées et illustrées d’exemples concrets, depuis la recherche scientifique, garante d’authenticité et de diversité culturelle, en passant par l’interprétation ouverte de l’histoire et de la mémoire de l’Europe, le développement d’une citoyenneté européenne à dimension interculturelle par le voyage, tout particulièrement en direction des jeunes et le développement d’un tourisme durable, social et fondé sur des règles éthiques.
Les bases économiques des itinéraires culturels et plus généralement du tourisme culturel ont également fait l’objet d’une réflexion fondée sur les situations concrètes des coopérations entre secteur privé et secteur public, ainsi que sur l’expérience des professionnels du tourisme et du secteur économique en général.
Tous les participants ont souligné :
1- Le succès croissant du programme aussi bien par le développement constant des itinéraires culturels ayant déjà reçu une mention que par le nombre de propositions de qualité ;
2- Le rôle essentiel des itinéraires culturels pour la protection et la valorisation du patrimoine dans la mise en œuvre d’un tourisme durable ;
3- L’importance du programme face aux nécessités accrues de dialogue interculturel fondé sur une rencontre concrète de l’Autre au travers de ses valeurs patrimoniales ;
4- L’importance économique du programme en terme de développement local et territorial et son rôle pour faciliter le dialogue social ;
5- La richesse du programme en ce qui concerne la mise en œuvre concrète des valeurs et des priorités politiques des institutions européennes ;
6- L’importance du programme en ce qui concerne les enjeux de développer la cohérence et le succès touristique de la Destination Europe ;
7- L’importance du programme pour le dialogue euro méditerranéen.
Il en résulte un certain nombre de recommandations et de remarques :
Recommandations :
Afin de renforcer le programme des itinéraires culturels du point de vue de sa cohérence, de sa visibilité et de lui donner les moyens financiers qu’il nécessite, les participants recommandent :
En ce qui concerne les financements :
1- La mise en place dans le cadre des Accords de coopération bilatérale des pays membres du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne de lignes budgétaires permettant des échanges et des synergies entre les responsables des itinéraires culturels ainsi que des financements leur permettant de bénéficier d’une assistance accrue de l’Institut Européen des Itinéraires culturels ;
2- Une coopération renforcée entre le Conseil de l’Europe et la Commission Européenne, visant tout particulièrement la création d’un Accord Partiel élargi sur les itinéraires culturels ayant son siège à Luxembourg dans les locaux de l’Institut Européen des itinéraires culturels;
3- Une mobilisation de tous les pays signataires de la Convention Culturelle Européenne pour la création d’un Accord Partiel élargi sur les itinéraires culturels.
En ce qui concerne la gouvernance :
4- La mise en place pour l’Accord Partiel élargi d’un Conseil de direction, composé des Etats membres participant aux financements, d’un représentant de l’Assemblée Parlementaire et du Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, des Directions Générales de la Commission Européenne concernées et des Commissions du Parlement Européen concernées
5- La mise en place d’un Comité consultatif composé des représentants des réseaux des itinéraires culturels, des collectivités locales et régionales, des organisations et plateformes internationales du patrimoine et du tourisme, des chambres de commerce, des établissements financiers, des organisations professionnelles des secteurs du patrimoine, de la culture et du tourisme, des O.N.G. ou d’autres entités pertinentes ;
6- La mise en place dans les pays membres du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne, et en tenant compte des compétences régionales et locales, de structures permettant le regroupement des responsables des itinéraires culturels, dans le but de les aider scientifiquement et financièrement et de favoriser leur dialogue avec l’ensemble des ministères concernés grâce à une représentation unifiée ;
7- Le renforcement des moyens mis à la disposition du Conseil d’Orientation des itinéraires culturels pour effectuer son travail d’évaluation.
Remarques :
Afin d’apporter des solutions aux besoins de chaque étape de mise en œuvre des itinéraires culturels, un certain nombre de suggestions ont été proposées :
Les besoins scientifiques et universitaires :
Mise en réseau d’Universités européennes ou de centres de recherches, de chaires ainsi que de mastères tournés vers le tourisme et le patrimoine et spécialisés sur les itinéraires culturels.
Création d’Université européennes d’été ou d’automne des itinéraires culturels.
Les besoins en terme d’interprétation et de médiation :
Organisation régulière de rencontres sur les méthodologies et les outils contemporains de tracé, de balisage, d’interprétation et de médiation appliqués aux itinéraires culturels.
Organisation régulière d’un prix à destination des éditeurs pour encourager la publication de guides sur les itinéraires culturels dans un esprit de diversité culturelle et d’interprétation ouverte aux valeurs européennes.
Les besoins éducatifs et de sensibilisation du public :
Coopération entre le programme des itinéraires culturels et les actions de citoyenneté européenne destinées aux jeunes Européens (Centre de Culture Européenne, Parlement Européen des Jeunes…).
Création d’un Club des itinéraires culturels accompagné d’un Passeport citoyen et Charte d’éthique.
Les besoins en matière de marketing de communication et de médias :
Mise en place d’une démarche marketing des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe avec la création d’une identité de marque et un contrôle des produits dérivés.
Les besoins en matière de professionnalisation touristique :
Approfondissement des bases de données sur les rapports entre les réseaux des itinéraires culturels et les professionnels du tourisme.
Création d’un dialogue entre les promoteurs des itinéraires culturels, les professionnels du patrimoine et des musées et les professionnels du tourisme grâce à une série de formations de tous les acteurs de la filière des itinéraires culturels (formation initiale et permanente).
Les besoins en terme de connaissance des impacts :
Mise en place d’études pilotes et d’indicateurs sur les caractéristiques de la fréquentation touristique et sur l’impact des itinéraires culturels sur le développement territorial et sur l’économie des petites et moyennes entreprises locales.
Mise en application des recherches du programme PICTURE (Pro-active management de l’impact du Tourisme culturel sur les ressources et les économies urbaines)... des petites et moyennes villes.
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Gabriella Battaini, Directrice de la DG IV, Conseil de l'Europe
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Un Forum comme celui de Delphes qui fait suite à une très longue période d’expérimentation d’un programme toujours jugé comme fondamental par le Conseil de l’Europe, vient à point pour répondre à un moment clef de la coopération que les Institutions européennes souhaitent engager en ce qui concerne le tourisme culturel de la « Destination Europe ».
Ce n’est pas que – au-delà de son impact interculturel, de son rôle essentiel en matière de coopération culturelle concrète – l’effet économique des itinéraires culturels en terme de développement local ne soit pas visible.
Les chiffres de fréquentation des chemins de pèlerinage (plusieurs millions de marcheurs, de cyclistes, de cavaliers…), le nombre croissant de collectivités territoriales participant au programme (plusieurs milliers) et le finançant, le nombre impressionnant de structures culturelles impliquées (plusieurs dizaines de milliers) et enfin le nombre de territoires européens concernés montrent aisément, sinon indirectement, un dynamisme économique puissant au sein d’un secteur qui, pour certains pays d’Europe, constitue l’une des premières sources de revenus.
Le programme des itinéraires culturels joue un rôle essentiel dans ce que Nicolas Bouvier, le grand voyageur nommait « L’usage du Monde » ou Jean-Marc Besse, le paysagiste « Le Goût du Monde ».
Si on peut dire qu’il contribue, grâce au voyage et à l’esprit de découverte et de partage à ré-enchanter l’idée d’une construction européenne, très malmenée par ailleurs sur le plan économique, il a besoin de manière urgente de définir avec précision ses modèles de fonctionnement.
Faute de quoi, la coopération souhaitée pour ce programme entre les secteurs des institutions européennes qui se préoccupent du dialogue culturel, de la mobilité des créateurs, de la mobilité des Européens au sens large, de l’intégration européenne, du développement régional, de l’amélioration du statut des petites et moyennes entreprises et du maintien du tourisme européen au plus haut niveau mondial, pour ne citer que quelques composantes indispensables au bon fonctionnement, ne saurait se mettre en place.
Dans la mesure où les conclusions des sessions plénières et les rapport des tables rondes ont déjà mis en perspective des secteurs importants qui ont fait l’objet d’analyses, de présentations concrètes et de suggestions opératives, il nous semblait important de remettre en avant deux domaines qui devraient permettre de commencer de répondre à ces problématiques.
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Conclusions générales et signature de l'Accord Tripartie
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Photographie: de gauche à droite, Michel Thomas-Penette, Directeur de l'Institut Européen des Itinéraires culturels, Gabriella Battaini, Directeur Général de la DG IV Conseil de l'Europe, George Poussaios, Secrétaire Général du Tourisme et Zoé Kazazaki, Chef de la Direction des Relations Internationales
Ministère Hellénique de la Culture et du Tourisme
Outils et Produits
Il est frappant de constater combien le programme des itinéraires culturels correspond à une traduction très concrète pour les citoyens des réflexions, des Conventions, Chartes ou Recommandations élaborées au sein du Conseil de l’Europe, de l’Union Européenne, de l’UNESCO ou de l’ICOMOS en matière de patrimoine culturel matériel, immatériel et paysager. La notion de patrimoine intégré, la notion de démocratie paysagère et celle du respect de la diversité culturelle sont inhérentes non seulement à la préparation des itinéraires culturels, mais au vécu quotidien de ceux qui accueillent et de ceux qui sont accueillis.
La richesse du contenu, la volonté de proposer de nouvelles destinations et des produits touristiques conçus dans un esprit durable et territorialisé, mais en respectant la dimension européenne, la mise en place d’un passeport eurocitoyen, le respect des démarches individuelles dans un esprit de rencontre, sont autant de nouveautés dans un paysage touristique européen qui avait eu tendance à se normaliser et donc à s’appauvrir, malgré la perception majoritairement « culturelle » des touristes qui visitent l’Europe.
Pour tout dire, avec les itinéraires culturels, c’est une démarche ancienne vers laquelle on est en train de revenir – Grand Tour, parcours de pèlerinages issus du Moyen Âge, parcours initiatique – mais en la proposant cette fois au plus grand nombre et plus seulement à une élite.
Grâce aux nouvelles technologies permettant la simulation, l’information en temps réel, l’intégration de l’information théorique et de l’information pratique, et la participation démocratique, les itinéraires culturels – pris dans une évolution plus générale du tourisme culturel – constituent un exemple frappant des théories de Alvin Toffler sur la « Troisième Vague ».
L’innovation industrielle et technique qui a été très longtemps au service de la standardisation, sert aujourd’hui grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, à rendre la conception, la mise en oeuvre et la vente des produits touristiques plus flexibles, à répondre à une demande plus individualisée et à une interaction forte entre concepteurs, entreprises de services et clients.
Le dialogue des responsables d’itinéraires culturels avec les professionnels du tourisme, qui n’était certainement pas possible il y a vingt-trois ans à la naissance du programme, est devenu possible, non pas avec les grands groupes, mais avec les professionnels qui se sont tournés vers le tourisme de niche, le tourisme durable et le tourisme social.
Tourisme éthique et responsable - Nouveau paradigme touristique / Nouveaux paradigmes économiques
Le tourisme classique est fondé sur l’identification, voire la création artificielle d’un rêve d’évasion, de dépaysement, d’inconnu qui s’est traduit par l’époque du tourisme de plage et d’exotisme. L’industrie touristique a mis au service de ce rêve une filière de plus en plus intégrée qui réunit dans le même capital les moyens de transport, les structures d’accueil, les offres gastronomiques et les visites touristiques. Si le produit peut s’adapter au plus grand nombre, alors les prix peuvent être réduits, tandis que les bénéfices restent élevés du fait de la standardisation réduisant les besoins en recherche et développement. La culture de l’autre est alors réduite, le plus souvent à une vision folklorique, caricaturale, d’un exotisme de pacotille.
Le tourisme culturel est fondé lui aussi sur un rêve d’évasion et de connaissance, de dialogue avec l’inconnu, avec l’autre, sur la recherche de l’émotion. Mais il exige une diversification des moyens de transport, dans le respect du développement durable. Il implique une expression réelle du désir personnel et une satisfaction de besoin de contact personnalisé. Il repose sur l’imaginaire littéraire autant que sur le besoin de connaissance. Par essence, dans un tel cadre, aucun voyage ne peut correspondre à un autre, ou plus exactement, la même proposition doit pouvoir s’adapter à des approches individuelles et culturelles très différentes. Dans ce cadre là, aucune intégration du capital n’est possible. L’économie du modèle est décentralisée, elle doit permettre des retombées locales et nécessite un partage des responsabilités.
La notion de réseau est alors centrale.
Cependant, durant des années, le tourisme de masse et même le tourisme culturel ont considéré la culture et le patrimoine comme des moyens au service des produits et ont demandé à ces moyens de s’adapter aux contraintes économiques du marché. Les business modèles du tourisme culturel étaient au fond peu différents de ceux du tourisme en général ; seuls les prix étaient plus élevés et en faisait un tourisme d’élite.
On peut dire que le nouveau tourisme culturel est aussi un tourisme de « masse » puisqu’il touche des millions de personnes, mais il est éclaté en autant de démarches individuelles.
Autrement dit, le succès du tourisme de pèlerinage, du tourisme de randonnée, du tourisme vert, et dans lesquels les valeurs, le partage, le bénévolat, le partage des coûts ont pris une importance considérable, a bouleversé ce concept économique.
Une économie sociale, prenant en considération le capital social – au sens de la définition de l’OCDE et des travaux du Conseil de l’Europe – a fait son entrée dans le domaine touristique, nous obligeant ainsi à repenser les modèles et à revoir les grilles d’analyses d’impact et la nature des indicateurs.
Les travaux de Joseph Eugene STIGLITZ, pour ne citer qu’un seul auteur, remettant l’individu au centre des phénomènes économiques, replacent donc la culture individuelle au centre du désir économique et le partage au centre de l’économie touristique.
Un Forum comme celui de Delphes nous amène certainement à repenser la gouvernance et le modèle économique des itinéraires culturels dans le contexte de la réflexion de Philippe MADEC, architecte, qui ouvrait la troisième table ronde : « La culture n’est plus le contexte de nos actions, elle est la condition même de leurs accomplissements ».
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