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 Le symbole du partage : saint Martin
Une proposition d'itinéraire culturel sur un grand personnage européen "Martin de Tours" et un symbole évident du "Partage, valeur commune".

Michel Thomas-Penette avec l'aide des documents de la Mission Martin de Tours. Nos remerciements à Antoine Selosse.

Michel Thomas-Penette with the help of documents prepared by the Mission Martin de Tours. Thanks to Antoine Selosse.
institut européen des itinéraires culturels
Michel Thomas-Penette
25 juillet 2004
Une Mission pour Martin de Tours


Il y a exactement deux ans, Antoine Selosse prenait la direction de Saint Jacques de Compostelle. A son retour, ce journaliste natif de la Touraine s’est posé une question, pourquoi saint Martin, évêque de Tours ne fait-il pas l’objet d’un itinéraire culturel européen ? Deux ans après, le projet est devenu une réalité locale avec un premier itinéraire inauguré autour de bornes, il a trouvé des partenaires européens et un Centre Européen se prépare...

Dans son introduction au projet la Mission Martin de Tours (*) présente l’ambition européenne de l’itinéraire : "Depuis plus de 1600 ans se perpétue en effet dans toute l’Europe et dans le reste du monde, le culte de Martin de Tours, dont le geste de partage de son manteau avec un pauvre est devenu un symbole universel. Les traces du culte de Martin de Tours sont partout présentes, sur le plan matériel (historique et archéologique, culturel, artistique) comme sur le plan immatériel (mythes, rites, légendes, croyances ou traditions)....




Basilique saint Martin Tours



...Toutes ces traces prennent leur sens lorsqu’elle s’intègrent à une globalité, celle de l’Europe.

Ainsi, la «Mission Martin de Tours» a-t-elle pour objectif de favoriser la rencontre des européens à partir du patrimoine «Martin de Tours» et de mettre en place avec l’aide des collectivités territoriales et des partenaires privés, un Itinéraire Culturel Européen «Martin de Tours, Personnage Européen», unissant passé et avenir, qui surmonte les distances, les frontières et les incompréhensions, les clivages.


Cet Itinéraire hautement symbolique dans le processus de construction européenne, par la renommée universelle du geste de partage de Martin de Tours, servira de référence et d’exemple pour des actions futures de l’association."


(*) Mission Martin de Tours

Président Bruno Judic, Professeur des Universités
Secrétaire Christine Bousquet, Professeur, Maître de Conférences
Directeur : Antoine Selosse

Voir en lien les documents "Mission Martin de Tours"

Qui est saint Martin ?


Tout d’abord, le parcours de saint Martin a le mérite d’être connu en termes historiques, au-delà du légendaire, dans la mesure où Sulpice Sévère, biographe contemporain de saint Martin a fait le récit de sa vie : «Donc, je vais commencer à écrire la Vie de saint Martin. Je dirai comment il s'est conduit, soit avant son épiscopat, soit pendant son épiscopat. Néanmoins, je n'ai pu parvenir à tout connaître : les faits dont il a été le seul témoin, on les ignore complètement, parce qu'il ne recherchait pas la louange des hommes, au point que, s'il l'avait pu, il aurait voulu cacher tous ses miracles. Même parmi les faits qui m'étaient connus, j'en ai omis beaucoup, parce que j'ai cru suffisant de noter les plus remarquables. Puis je devais ménager les lecteurs, en qui l'excès d'abondance aurait pu produire le dégoût. Mais je conjure ceux qui me liront d'ajouter foi à mes paroles, de croire que je n'ai rien écrit que de certain, d'avéré. J'aurais mieux aimé me taire que de dire des choses fausses.» (*)



Szombathely


Pannonhalma


La vie de Martin de Tours concerne donc plusieurs pays européens : né à Savaria (aujourd’hui Szombathely en Hongrie) – certains disent à Pannonhalma -, il grandit à Pavie en Italie, donna son congé de l’armée à Worms en Allemagne, tenta de convertir ses parents en Illyrie (Croatie – Serbie actuelles), après une traversée mouvementée des Alpes. A son retour il s'installe à Milan et se réfugie dans l’île de «Gallinaria» et devint plus tard, après son établissement à Ligugé, près de Poitiers, évêque du diocèse de Tours.

Après sa mort, sa tombe à Tours attira de nombreux pèlerins européens, surtout de France, d’Italie et d’Allemagne et devint ainsi le troisième lieu de pèlerinage de l'époque, après Jérusalem et Rome.

(*) «Donc Martin était originaire de Sabaria, ville de Pannonie; mais il fut élevé en Italie, à Ticinum (Pavie). Ses parents occupaient un rang honorable selon le monde, mais ils étaient païens.»… «Pendant trois ans environ avant de recevoir le baptême, Martin fut sous les armes; mais il resta pur des vices où s'englue ordinairement ce genre d'hommes.»… «Un jour où il n'avait sur lui que ses armes et son manteau militaire fait d'une seule pièce, au milieu d'un hiver plus rigoureux qu'à l'ordinaire et si rude que bien des gens mouraient de froid, à la porte de la cité des Ambiens (Amiens), Martin rencontra un pauvre nu.»… «Cependant les barbares envahissaient les Gaules. Le césar Julien concentra son armée près de la cité des Vangions (Worms). Il commença par faire distribuer aux soldats les gratifications d'un donativum. Suivant la coutume, on les appelait un à un. Vint le tour de Martin. Alors, il jugea l'occasion favorable pour demander son congé; car il ne croyait pas pouvoir accepter sa part d'un donativum, avec l'intention de ne plus servir.»…

On trouvera le texte complet sur le site en lien.

De Ligugé à Marmoutier



Il faut bien entendu rappeler l’épisode de son enlèvement qui en fit l’évêque de Tours : L’an 371, au début de l’été, il advint que le second évêque de Tours, rend son âme. Les Tourangeaux se mirent en peine de trouver au défunt un successeur. Un nom fut très vite prononcé et voilà de bouche en bouche: Martin, l’homme à qui ses vertus avaient valu des récits extraordinaires. Mais Martin est à Ligugé, près de Poitiers. Il y vit depuis dix ans dans le monastère qu’il a fondé. Un artifice est trouvé par un certain Rusticus. « J’irai, dit-il, auprès de Martin. Je me jetterai à ses genoux en le suppliant de venir voir ma femme gravement malade. Charitable comme il est, il ne refusera pas de venir me prêter assistance. Il sortira de son monastère. Je l’amènerai dans un endroit où sera postée une petite troupe de nos amis, et…».

Martin sera entraîné, tournant le dos à son monastère, poussé sur le chemin de Tours. Sans doute, des chevaux avaient-ils été amenés pour que le voyage fût plus rapide : de Ligugé à Tours il y avait plus de soixante-dix milles romains, soit une centaine de kilomètres. Sa vie à Tours, selon Sulpice Sévère, sera celle d’un moine, fondant près de Tours l’Abbaye de Marmoutier.

Évêque, il part rencontrer trois fois les empereurs, à Trêves en Allemagne et se déplace dans une grande partie de la Gaule où il détruit les cultes païens pour y fonder à la place les premières églises rurales d’occident.

Saint Martin meurt à Candes Saint Martin (Indre-et-Loire), le 8 novembre 397. Il est enterré à Tours, le 11 novembre.



Marmoutier


Candes Saint Martin


Episodes




Le partage du manteau


Ile de Bled, Slovénie


Un saint populaire


En tous pays aussi, Martin de Tours a été l’un des sujets favoris de l’imagerie religieuse ; des cycles racontent sa vie et ses miracles dans la sculpture, les vitraux (Tours, Chartres, Saint-Florentin…), dans les peintures murales (Assise), dans la tapisserie (Angers, Montpezat…).

Martin de Tours est enfin le saint européen populaire par excellence, «un héros du folklore».

On rencontre partout des fontaines, des pierres levées, des arbres, des rochers, des ponts Saint-Martin.

Son nom revient en cent dictons, on l’a donné à des fruits (poire, pêche) à des animaux (l’ours, l’âne, le martinet, le martin-pêcheur…).

C’est le patronyme de loin le plus fréquent, un prénom souvent choisi.

Sa fête du 11 novembre faisait date et donne lieu encore à des réjouissances : manger l’oie, déguster le vin nouveau, allumer le feu de la saint Martin, se réjouir de l’été de la saint Martin avec de nouvelles fleurs sur les arbres à cette occasion se pratiquent dans toute l'Europe.

Il est le patron des voyageurs, des vignerons, des aubergistes…



Saint Martin, cathédrale de Lucques



Des parcours locaux


A l’initiative des collectivités territoriales d’Indre-et-Loire et grâce au concours de partenaires locaux et régionaux, une mise en en place de l’Itinéraire Culturel «Martin de Tours, Personnage Européen» à Tours et dans le département de l’Indre-et-Loire a commencé. Il s’agit de baliser un chemin de randonnée culturelle «sur les pas de Martin de Tours ».

Le 1er juillet 2004 a eu lieu la présentation de la 1ère borne directionnelle, réalisée par un artiste sculpteur Michel Audiard. Cette borne sera la même pour tous les chemins culturels «saint Martin de Tours» en Europe. Cette présentation et un feu de la Saint Martin d’été ont été organisés par la Communauté de Communes du Grand Ligueillois, à la Chapelle Blanche Saint Martin. Ce chemin de randonnée pédestre et équestre de 120 kilomètres traversera sur le Pays de Loches et la Touraine Côté Sud, 12 communes du département qui sont liées à du patrimoine culturel martinien : Tournon Saint Pierre - Bossay sur Claise – Charnizay – Betz le Château – Esves le Moutier – Ciran – Ligueil – La Chapelle Blanche Saint Martin – Manthelan – Le Louroux - Tauxigny – Cormery, en direction de Tours. La signalétique des chemins de randonnée culturelle sera matérialisée par des bornes, comme celles qui existaient le long des voies romaines (bornes millénaires), à l’époque de Martin de Tours, au IVe siècle. La forme des bornes pour la signalétique est inspirée de bornes de Saint-Martin que l’on peut voir sur la commune de Betz le Château (Indre-et-Loire). Elles furent placées en 1565, pour indiquer la limite des parcelles des forêts appartenant au chapitre de Saint Martin de Tours. Ce sont des blocs de roche dure locale équarris avec des faces bien planes. Sur l’une d’entre elles, on voit inscrit «D St M» ce qui, pour A. Chauvigné, correspond à la délimitation des biens du Doyen de Saint Martin. Ces bornes directionnelle Saint Martin seront réalisées dans un matériau moderne : le Ciment blanc. Elles sont rectangulaires et arrondies en haut. Un relief intérieur reproduira l’inscription : D St M, et au dessous, une rose des vents permettra de montrer la direction.

La Mission Martin de Tours, dans le cadre de la mise en place de l’itinéraire européen, a fait également appel à l’artiste sculpteur Michel Audiard pour réaliser un clou de bronze «Sur les pas de saint Martin».

L’ensemble des itinéraires prévus sont reproduits dans les documents en lien.




Martin dévoile la borne



La dimension européenne


Le dossier d'Itinéraire Culturel Européen Saint Martin de Tours a été présenté en décembre 2003, au Conseil d'Orientation des Itinéraires Culturels du Conseil de l'Europe, qui a encouragé la finalisation de l'itinéraire et son insertion dans le thème promu par le Conseil de l'Europe : «Les grands personnages européens» et en a confié l’accompagnement à l’Institut, ainsi que la mise en oeuvre des actions européennes avec les opérateurs.

Depuis les premières étapes, l’Institut a en effet encouragé les organisateurs à mettre en avant une dimension essentielle : celle du partage «valeur commune de l'Europe». Cette valeur doit être aujourd’hui plus encore une valeur de dialogue entre les différents pays européens et dans le monde. Le XXI° siècle sera en effet celui du partage «matériel» de l’eau, de la nourriture, de l’environnement, des richesses, entre l’Europe développée de l’Ouest et les pays de l’Est dont ils ont été coupés pendant des dizaines d’années, et des pays du Nord avec ceux de l’autre rive de la Méditerranée et de l’Afrique Noire, des jeunes vers les plus âgés…Mais ce sera également le siècle «du partage des valeurs universelles spirituelles», «du partage, valeur fondatrice de nombreuses religions» ainsi que celui «du partage des expériences en matière de démocratie, de droit, de développement»…

Du partage «chrétien» il s’agit en effet de rechercher les valeurs de partage dans d’autres religions et dans la société au sens large.

C’est pourquoi une des actions communes sera l’organisation de "Journées européennes du partage" les 8 – 11 novembre, dont les premières devraient avoir lieu à Tours à l’automne prochain en présence des autorités européennes et hongroises.

Il s’agit également de la mise en place de 3 chemins européens de randonnée culturelle «saint Martin de Tours» : Tours – Paris – Luxembourg – Trèves, Tours – Lyon – Milan – Szombathely et Tours – Bordeaux – Saragosse avec la mise en place de la charte européenne d’éclairage des monuments dédiés à saint Martin, de colloques scientifiques et de publications.


Il s’agit enfin de la création d’un Centre Européen saint Martin à propos duquel une réunion, en présence du Ministre de la Culture français doit avoir lieu le 28 juillet 2004. Le Centre devrait mettre en place une bibliothèque, des archives, un site web et être responsable de toute l’animation de l’Itinéraire en relation avec l’Institut et le Groupement Européen d’Intérêt Economique des réseaux de villes des Itinéraires culturels du Conseil de l'Europe.





Clou de bronze de Michel Audiard



 
 
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