Le 24 septembre 2005 à Tours, l'itinéraire "Saint Martin, personnage européen, symbole du partage" a reçu la mention "Grand Itinéraire du Conseil de l'Europe."
Michel Thomas-Penette |
 |
institut européen des itinéraires culturels |
|
| Michel Thomas-Penette |
| 02 novembre 2005 |
|
|
Il est rare que les itinéraires culturels recueillent à la fois et au même moment l'attention des élus locaux, des Ministères de tutelle et d'une institution européenne.
C'est pourtant ce qui vient de se passer à Tours pour l'itinéraire saint Martin qu'Antoine Selosse et son équipe préparent depuis trois ans, avec l'aide attentive de l'Institut.
Le Conseil Général d'Indre et Loire en la personne de Marc Pommereau son Président et l'Etat en la personne de Renaud Donnedieu de Vabres Ministre de la Culture signant d'un côté une Convention avec l'Association qui porte l'itinéraire, le "Centre Culturel Européen Saint Martin de Tours" et son Président Bruno Judic.
L'Etat apportant en dotation les locaux rénovés d'un monument historique, le cloître de la Psalette, lié à la cathédrale de Tours.
Le Conseil de l'Europe enfin, en la personne de sa Secrétaire-Générale adjointe Maud De Boer-Buquicchio décernant la mention qui signifie qu'un itinéraire a atteint une dimension paneuropéenne, ce qui est le cas pour saint Martin avec la Croatie, la Slovénie, la Hongrie, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, pays dont certains Ministres de la Culture et Ambassadeurs en France étaient présents.
|
|

Signature : Marc Pommereau, Renaud Donnedieu de Vabres, Bruno Judic
|
|
| Symbole de Paix et de Partage |
|

Maud De Boer-Buquicchio, Renaud Donnedieu de Vabres et Antoine Selosse
|
|
Il ne suffit pas pour le Conseil de l'Europe qu'un itinéraire soit particulièrement apte à permettre un développement local durable en traçant de nouveaux chemins de découverte, il faut aussi une dimension européenne : dans le parcours, dans l'histoire, dans la coopération active, mais aussi dans le symbole.
Un saint, un homme d'église premier fondateur du monachisme occidental dont la vie nous est restituée pas à pas, vaut autant par la foi qu'il a propagée dans une Europe qui passe de la Romanité à l'Eglise que par le symbole de la Miséricorde qu'il nous a laissé en partageant son manteau.
C'est à partir de ce symbole articulé à une réflexion sur les fondements de la notion de partage que l'Institut va continuer de travailler avec ses partenaires, ainsi que sur la mise en oeuvre de l'itinéraire dans la Grande Région.
|
|

Visite du Centre Culturel Européen Saint Martin de Tours
|
|
Discours de Madame Maud De Boer-Buquicchio
Messieurs les ministres,
Monsieur le Président du Conseil Général d’Indre et Loire,
Excellences,
Mesdames et messieurs,
Chers amis…
Ce n’est sans doute qu’une heureuse coïncidence que l’Armistice, marquant la fin de la Grande Guerre, fût signé un 11 novembre, précisément le jour de la fête de St Martin de Tours, saint patron des militaires et lui-même le plus pacifique des soldats. Mais la vie de ce grand personnage de l’histoire européenne a bien d’autres aspects qui nous émerveillent, qui nous enseignent et nous font comprendre la dévotion dont il a été entouré depuis 1600 ans.
Le plus étonnant pour moi, c’est le fait que nous ayons tant tardé à lui consacrer un Itinéraire culturel dans la série du Conseil de l’Europe. Mais voilà que tout rentre dans l’ordre, grâce en premier lieu à l’enthousiasme et, j’ose dire, la foi d’Antoine Selosse et de tous ceux qui se sont engagés avec lui dans cette passionnante initiative, et grâce aussi à l’appui et au soutien des très nombreuses institutions et personnes sans qui ce prestigieux projet n’aurait pas pu aboutir.
Ce projet est un exemple de l’attachement réel et de l’enthousiasme des Français pour le patrimoine culturel – enthousiasme qui s’est étendu dans toute l’Europe à travers des initiatives telles que les Journées Européennes du Patrimoine que célèbrent durant ce mois de septembre 48 pays européens.
Nous voici donc réunis pour rendre hommage à l’œuvre exemplaire de St Martin et à celle de nos contemporains qui s’en inspirent et qui lui assurent une vie nouvelle. Car si le patrimoine, matériel ou immatériel, demeure, il nous revient à nous, comme à chaque génération, de le faire revivre et de l’enrichir des messages de notre temps.
Le patrimoine nous est légué. Nous le recevons en don comme la vie elle-même, mais l’un et l’autre ne sauraient prospérer sans nourriture, sans soin, sans être ‘cultivés’.
En effet, une ‘culture’ qui se tournerait exclusivement vers le passé serait une culture sclérosée, moribonde. La culture, bien au contraire, a besoin pour se nourrir de s’ouvrir constamment à de nouvelles expériences, d’oser se confronter à des pratiques innovantes, tout en préservant des liens indispensables avec le passé qui l’a créée.
Et c’est bien là l’une des valeurs fondamentales de notre culture et de notre démocratie européennes : celle de l’ouverture, du partage avec les autres.
Le Conseil de l’Europe, fort de son attachement à des valeurs éminemment humanistes, et à l’inverse de tous les intégrismes, ose promouvoir l’ouverture sur le monde, ose accueillir l’Autre, ose bâtir, pierre par pierre le rêve européen qu’un des mes illustres prédécesseurs, Sforza Galeazzo Sforza, ancien Secrétaire Général Adjoint du Conseil de l’Europe, avait comparé à une cathédrale jamais achevée.
Cette cathédrale, le Conseil de l’Europe la bâtit depuis plus d’un demi-siècle, à travers les nombreux domaines de son activité.
Dans la clé de voûte de cette cathédrale se trouve la Convention Culturelle Européenne dont nous célébrons le 50ème Anniversaire cette année. – Cette convention est le cadre de toutes nos activités en matière de culture et de patrimoine. Il est certain que sans le soutien constructif des Etats membres à cette œuvre commune, sans l’appui des institutions et des associations, sans les initiatives d’individus motivés, comme vous ici, cette cathédrale européenne restera à jamais inachevée.
Les itinéraires culturels sont nés au Conseil de l’Europe en 1987 en vue de promouvoir une prise de conscience de l’identité et de la citoyenneté qui représentent les fondations de la bâtisse européenne. En outre, ce programme vise à promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux, de sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine culturel et naturel.
Conçus pour faire vivre des aspects majeurs du patrimoine de l’Europe par des échanges entre régions, villes et organismes réunis par un grand thème culturel, les itinéraires encouragent à la fois le partage des expériences, la pratique du voyage et le dialogue. Ce sont de grandes entreprises qui engagent les consciences et les bonnes volontés autour d’actions concrètes. Le patrimoine – notre patrimoine – constitue bien entendu le socle sur lequel sont fondés les itinéraires. Il s‘agit du patrimoine matériel et immatériel riche de significations.
Des moments forts de civilisation, la vie d’illustres personnages européens, les traces de réseaux et de solidarités historiques, les grandes routes du commerce qui ont ouvert la voie à d’autres échanges … tout cela peut être mis en évidence à travers les signes et les symboles qui font l’extraordinaire richesse de notre continent.
Je suis heureuse de constater combien la relance de cette activité exemplaire du Conseil de l’Europe, depuis l’année dernière, suscite l’intérêt du public et l’enthousiasme de porteurs de projets. Nous avons déjà octroyé le label officiel à dix-sept itinéraires. D’autres suivront, et leur qualité et rayonnement ajouteront une plus-value européenne à ces notions essentielles que sont la rencontre de soi-même et de l’autre, la découverte des racines et des identités.
Comme pour ce beau thème de St Martin, et pour l’itinéraire proposé, ce qui nous surprend est la mobilisation générée par le programme. Je veux parler de la mobilisation du public, mais aussi des personnes et des groupes qui permettent, au-delà de la conception du projet, la création des structures nécessaires au parcours : réhabilitation de voies, création de centres d’accueil, opérations de signalisation, actions de valorisation du patrimoine et d’animation culturelle, échanges des pratiques de mise en oeuvre. Autant d’occasions de contribuer à un développement local créateur d’emplois et d’activités économiques pour les régions.
Vous tous qui avez œuvré avec tant de zèle pour bâtir ce projet exaltant savez cela; vous le vivez déjà et vous saurez, j’en suis convaincue, transmettre votre enthousiasme à d’autres partenaires européens. A travers votre action et les vocations qu’elle suscitera d’un bout à l’autre de notre continent tant éprouvé mais si plein d’espoir, notre histoire commune deviendra partie intégrante de notre avenir européen.
Permettez-moi de dire combien j’apprécie votre initiative et en particulier ce qui a déjà été entrepris pour ouvrir le projet au public et surtout aux jeunes, tels que les trois grands chemins européens de randonnée qui retracent les principales étapes des voyages de St Martin à travers une dizaine de pays, la Charte d’éclairage des monuments qui lui sont dédiés, et les prochaines « Journées européennes du partage ». Et je n’oublie pas non plus l’énorme investissement scientifique et éducatif, la collecte de données, la mise en place d’archives et de ressources électroniques en collaboration avec l’Institut des Itinéraires culturels de Luxembourg.
C’est donc avec joie que je vous remets le Diplôme européen des Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe décerné à « l’Itinéraire culturel européen Saint Martin de Tours », honorant un personnage européen devenu pour tous un symbole du partage.
Félicitations.
|
| Les bâtisseurs d'éternité |
A l'occasion de l'inauguration du Centre Culturel Européen Saint Martin de Tours et de la restauration du Cloître de la Psalette a eu lieu également un spectacle son et lumière "Les Bâtisseurs d'éternité" proposé par Philippe Cotten.
|
|
|
|
|
|
articles
|
|
|
documents
|
|
|
|
|
|
|
|