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 Ma perception de la Grande Région, par Roland Pinnel

Mes premiers souvenirs en rapport avec la Grande Région datent du milieu des années 50, du siècle dernier - bien entendu.




Roland Pinnel
Directeur du Luxembourg City Tourist Office

european institute of cultural routes
Claire Soriano
09 August 2010
Découverte de la Grande Région


Formidable moyen de découverte de la Grande Région, notre Anglia 1954



Lorsque j’étais gosse, mes parents m’emmenaient quelques fois au-delà des frontières nationales en voiture, c’était une Anglia – un modèle qui n’existe plus aujourd’hui.

Pour moi ces sorties représentaient quelque chose d’absolument extraordinaire. Se déplacer, ne fût-ce que quelques dizaines de kilomètres et se trouver en terre étrangère - pour ne pas dire étrange, puisque inhabituelle - me procurait des sensations tout à fait particulières. Qu’il s’agissait des villes de Trèves, Metz ou Mayence, de la « Saarschleife », de Bastogne ou encore d’une des autres nombreuses destinations, toutes ces escapades avaient ce « goût » de l’extraordinaire.

Je me pose d’ailleurs aujourd’hui la question de savoir si ma carrière professionnelle ultérieure n’a pas été fortement imprégnée par cet « esprit » si typique et si particulier de la Grande Région. Mes études à l’Université de Nancy y ayant certainement également contribué.



Circuit des Cinq Pays - Fünf-Länder-Ring



Toujours est-il que mon premier contact professionnel avec le monde de la Grande Région date du milieu des années 70.

C’est à cette époque que j’ai eu le privilège de réactiver, ensemble avec mon collègue Guill van Lijf, directeur de l’Office de Tourisme de la ville de Maastricht, l’entente touristique « Circuit des Cinq Pays - Fünf-Länder-Ring ».

Ce regroupement, en fait un « think tank » avant la lettre, réunissant les directeurs des offices de tourisme des villes concernées, avait été créé au milieu des années 50, donc une dizaine d’années seulement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Il s’était fixé comme but de promouvoir le tourisme de proximité au-delà des frontières nationales et ceci surtout en préconisant les déplacements en voitures privées. C’était essentiellement sous l’égide des « Ritter am Steuer » de la Sarre que des rallyes automobiles étaient organisés à destination des villes du « circuit ».



Médaille du club sarrois des « Ritter am Steuer »


Plaquette commémorative - première randonnée automobile 1961



Il est d’ailleurs intéressant de constater que les villes participantes couvraient un espace beaucoup plus large que ne le fait aujourd’hui celui de la Grande Région. Il s’agissait en l’occurrence de trois villes françaises (Metz, Nancy, Verdun), trois villes allemandes (Aix-la-Chapelle, Sarrebrück, Trèves) et trois villes pour le BeNeLux (Liège, Maastricht et Luxembourg).

Après la réactivation du « Circuit des Cinq Pays », ce dernier changeait d’ailleurs fondamentalement d’objectif. Les directrices et directeurs de ce groupement touristique entendaient leur mission à cette époque dans la perspective d’un organe d’échanges de vues entre collègues.

Jeune dans le métier, j’appréciais à leur juste valeur les leçons qu’il m’était donné d’apprendre par le biais de leur compétence et de leur expérience. Les déplacements réguliers vers les huit autres villes-membres du « circuit » étaient enrichissants d’une manière telle que je me suis proposé de transposer dans la ville de Luxembourg et dans mon champ d’activité ce que l’on nomme aujourd’hui « best practice ».

Steering Committee



Inoubliables sont les séminaires que nous avons organisés, placés toujours sous une thématique bien définie : il y allait de la gestion des tours de ville, de l’offre touristique générale de nos différentes destinations, de la conception de nos campagnes publicitaires, de la formation de nos guides touristiques officiels et j’en passe.

Lentement, mais efficacement les idées au sein du groupe évoluaient et la collaboration mutait vers une sorte de « steering committee »qui se préoccupait essentiellement du marchéage de la région du « Circuit des Cinq Pays».

Nous avons élaboré de la sorte des arrangements forfaitaires - des « packages » - ou encore une carte de l’amitié accordant l’accès à des attractions touristiques de nos villes à un tarif réduit, une initiative restant jusqu’à présent unique en son genre. Où trouve-t-on encore aujourd’hui ce genre d’offre spéciale pratiqué dans neuf villes réparties sur cinq pays?



Réunion des directrices et directeurs des Offices de Tourisme ~ 1980


collègues du Circuit des Cinq Pays 1985



Il était bien clair que les frontières physiques existaient encore (les accords de Schengen n’étaient pas encore signés !), mais je suis intimement convaincu que l’homo turisticus professionnel ne connaît pas ces barrières, du moins, qu’il n’en tient pas compte dans l’exercice de sa profession.

Ce qui à l’époque, comme d’ailleurs encore aujourd’hui, constituait plutôt un obstacle était la pratique des langues pendant nos réunions. Trop souvent des traductions pour ainsi dire simultanées ont dû être improvisées. Devinez trois fois qui les a assurées!

Le problème des langues




A propos des langues : vous ne m’en voudrez certainement pas si je continue mon récit en allemand, le trilinguisme, voire la triglossie, étant certainement aussi une des caractéristiques de la Grande Région.

Die Sprachenhürde scheint mir denn auch eines der wesentlichsten Hindernisse einer effizienten und zielorientierten Kooperation im Raum der Großregion zu sein.

Ist es nicht erstaunlich, dass es auch heute noch immer fast ein Ding der Unmöglichkeit ist, während der Arbeitssitzungen, ohne Simultanübersetzung auszukommen ? Das war schon zu « Fünf-Länder-Ring » - Zeiten der Fall und hat sich bis dato kaum geändert.

Übrigens stellte sich schnell heraus, dass das Gefälle zwischen Nord- und Südstädten, die Mitglieder in der touristischen Arbeitsgemeinschaft « Fünf-Länder-Ring » waren, zu ausgeprägt war.

Zusätzlich kam noch ein anderes Menetekel hinzu : welcher Tourist fuhr schon die 850 km, die die Verbindungsstrecke zwischen den « Fünf-Länder-Ring »-Städten ausmachte integral ab ? Was nach dem Zweiten Weltkrieg noch als Evasion und als « touch » des Aussergewöhnlichen gelten mochte, mutierte nach dem Wirtschaftswunder und der Demokratisierung des Reisens zu einer fast täglichen Banalität.

So nimmt es auch kein Wunder, dass die touristische Arbeitsgemeinschaft « Fünf-Länder-Ring » ihre Aktivitäten progressiv reduzierte, um sie Anfang der 90er Jahre komplett und definitif einzustellen.

Mein professioneller Kontakt mit der Großregion blieb trotzdem bestehen, ja intensivierte sich sogar noch.

Mit der Gründung im Jahre 2000 von QuattroPole, dem grenzüberschreitenden Städtenetz, die Städte Luxemburg, Metz, Trier und Saarbrücken verbindend, nahm die Idee der transurbanen Kooperation einen neuen Anlauf, ja sogar einen neuen Aufschwung.




Dépliant QuattroPole




Ich hatte die Ehre, zur Gründerzeit während drei Jahren die Arbeitsgruppe « Kultur und Tourismus » zu präsidieren. In diesem Zusammenhang kann ich nur die hervorragende Zusammenarbeit mit den KollegenInnen der drei anderen Städte unterstreichen. Im übrigen waren es teilweise dieselben Personen, die vormals im Rahmen des « Fünf-Länder-Rings » kooperierten, was selbstverständlich die Zusammnarbeit immens erleichterte.

Auch in diesem Zusammenhang sei nochmals erwähnt, dass, über das professionnelle Engagement hinaus, es hauptsächlich die zwischenmenschlichen Beziehungen sind, die die grenzüberschreitende Zusammenarbeit so interessant machen.

Diesen Tatbestand ändert auch nicht der Umstand, dass es mir immer wieder auffällt, wie unterschiedlich die Mentalität in den vier Städten ist.

Der touristische Slogan « Vielfalt ganz nah ; Tout près, tout autre ; So close, so different », den wir geprägt haben, ist auch in diesem Kontext tatsächlich wortwörtlich zu nehmen. Dies gilt nicht nur für das « destination branding », sondern ebenfalls für die verschiedenen Abläufe der administrativen Prozesse in den Verwaltungen.

Es frappiert mich immer wieder, wie verschieden rheinlandpfälsische, saarländische, lothringische und luxemburgische Verwaltungen – der Ausdruck sei erlaubt – « ticken ».

Ja, es ist sogar beängstigend festzustellen, dass manchmal die oft zitierte transnationale Kooperation eben genau an diesen Hürden scheitert. Als ob die Schranken sehr wohl an den Landesgrenzen abgerissen worden wären – was sie ja auch de facto sind, aber immer noch nicht in den Köpfen der Leute.

Dies scheint mir denn auch, neben den vorhin zitierten Sprachproblemen, eine der größeren zukünftigen Herausforderungen in der Großregion zu sein.

Ich möchte allerdings auf keinen Fall meinen kleinen Beitrag mit einer pessimistischen Note beenden. Zu reichhaltig und interessant sind ihre« USPs ; unique selling propositions », als dass man der Großregion nicht eine positive und optimistisch gestimmte Zukunft voraussagen möchte.

In diesem Zusammenhang war die Erfahrung, die ich im Rahmen der Veranstaltung « Luxemburg und Großregion, Kulturhauptstadt Europas 2007/ Luxembourg et Grande Région, capitale européenne de la culture 2007 » machen durfte, mehr als symptomatisch.

Es war sicher nicht selbstverständlich ein so ambitiöses Konzept umzusetzen.

Wenn auch die Mehrzahl der initiierten Projekte luxemburgischerseits eingefädelt wurde, so war es uns als Verwaltungsrat durchaus bewusst, dass wir mit der Realisierung dieses grenzüberschreitenden Kulturjahres auch Akzente in Richtung transnationale Kulturkooperation zu setzen hatten.

Dieses Unterfangen ist uns auch gelungen, zumindest in seinen fundamentalen Ansätzen.

Natürlich bleibt noch viel zu tun. Freuen wir uns darauf, bei dieser einmaligen Herausforderung dabeisein zu dürfen und unseren Baustein bei der Konstruktion dieses Gebäudes beisteuern zu dürfen!

Das war, ist und wird mein Credo sein.

 
 
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