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Si certains thèmes d'itinéraires culturels proposés au Conseil de l'Europe ne posent à l'Institut que des questions d’extension européenne, de recherche d'actions pilotes, ou de mise en conformité avec le Règlement des itinéraires culturels, le thème du patrimoine industriel s'est révélé beaucoup plus complexe à préparer.
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Les propositions étaient nombreuses, souvent liées à des initiatives concernant la société industrielle et en particulier les phénomènes migratoires et soulevaient certaines grandes questions sur la conservation et la valorisation d’un patrimoine récent et souvent de grande ampleur. Après une longue phase d’analyse, le thème a été intégré par le Conseil de l’Europe en mai 2004.
Industrie saarroise.
problématiques
De nombreuses réflexions ont été en effet menées à ce sujet par différentes institutions internationales, en liaison avec la protection et le ré-emploi des patrimoines, leur classement, voire leur inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial.
L'extension des crises industrielles a amené un nombre de plus en plus grand de collectivités territoriales à adopter des stratégies de développement fondées sur l'utilisation de ce patrimoine à des fins autant culturelles qu'économiques.
Ces mêmes collectivités se sont trouvées devant la nécessité de ne pas donner une image passéiste ou seulement muséographique de ces secteurs d'activités, mais au contraire d'en assurer la survie et le développement dans le cadre de filières spécifiques.
Usine hydroélectrique de Vianden, Luxembourg. Cliché MTP.
regroupements
Le Service du Patrimoine d’Andorre a travaillé pendant quatre ans sur le thème des Routes du Fer dans les Pyrénées et a proposé au cours de différentes réunions successives une structure de travail, véritable modèle pour tous les itinéraires compris sous le thème général. Pour chaque itinéraire se mettront ainsi en place une mission scientifique, une mission de conservation et une mission de diffusion, cette dernière comportant un double volet : connaissance et sensations à travers un centre d’interprétation et mise en place d’un produit nouveau lié au tourisme culturel sous la forme d’un itinéraire avec la découverte du pays ou de différents territoires. Une structure en réseau est ensuite établie, reliant le Conseil de l’Europe, l’Institut Européen des Itinéraires culturels, et les partenaires des différentes routes :
La structure des réseaux peut prendre deux formes, comportant des groupes de travail et générant un Comité Scientifique en se basant sur l’organisation par sujets : mines, sidérurgie, textile, céramique, bois….et / ou la dimension par territoires : Europe Centrale, Europe du Sud-Ouest, Europe de l’Est, Pays Baltiques, avec pour chacun, une déclinaison régionale. Ceci sans oublier de croiser ces initiatives avec le travail local de certains musées des migrations.
Le Service du Patrimoine d’Andorre a proposé de faire la liste des points communs, mais aussi des spécificités : l’archéologie industrielle et minière, l’histoire de la technologie, la promotion des projets sur le plan transnational, la recherche des formes d’action / d’intervention, les échanges d’information et de points spécifiques, par exemple les données géographiques et humaines, l’existence ou non d’une industrie encore en œuvre…
références méthodologiques
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Un des points de discussion entre les experts réunis par l’Institut portait sur le nom même de l’itinéraire : « Société et Patrimoine industriel”, “Culture et Patrimoine industriel” ou “Culture industrielle et société”, il a été décidé de garder le nom “Patrimoine industriel” en se référant à la définition du TICCIH pour laquelle le patrimoine industriel consiste dans les restes de la culture industrielle qui ont une valeur historique, technologique, sociale, architecturale ou scientifique. Ces restes consistent dans les bâtiments et les machines, les ateliers, les “moulins” et fabriques, mines et sites de production ou de transformation, entrepôts et magasins, sites permettant de générer, de transporter ou d’utliser les différentes formes d’énergie, tout comme les endroits utilisés pour les activités sociales en relation avec l’industrie tels que les lieux d’habitation, de culte ou d’éducation.
Ainsi en proposant au Conseil de l’Europe le thème : “Itinéraires européens du patrimoine industriel”, selon la définition du TICCIH nous englobons la dimension de culture industrielle et celle de société industrielle. Il suffit alors de décliner le titre selon les domaines industriels : route européenne du fer, de la céramique, du verre, du textile...avec parfois la mention de l’aspect transfrontalier ou de l’importance de tel ou tel phénomène social.
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Usines Clujana, Roumanie. Cliché SC.
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De même, la question de la période historique a été régulièrement posée pour accorder une place à l’archéo ou à la proto industrie, en dehors de la période allant de la révolution industrielle à aujourd’hui. Le TICCIH a également proposé sur ce point une définition temporelle précise, en laissant la porte ouverte à la nécessité de revenir aux origines de l’industrie et en recommandant de prendre principalement en compte une période allant de la seconde moitié du XVIIIe siècle jusqu’aux temps presents, sans oublier l’histoire des technologies.
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