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aujourd'hui, l'europe pèlerine
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Pendant l'été 2001, les amis
de saint Jacques du Loiret - France - ont renoué avec la tradition
des pèlerinages à Compostelle par voie fluviale et maritime. |
Le pèlerinage d’aujourd’hui
a changé, même si les lieux sont restés les mêmes.
Les conditions géographiques et sociologiques sont différentes
de celles du Moyen Age. Croire que marcher à pied dans un sentier
caillouteux suffit pour retrouver la mentalité des pèlerins
du temps passé, conduit à adopter des attitudes caricaturales.
Le chemin de Compostelle en souffre, encombré de pèlerins
qui ne disposent que de quelques jours et "jouent" au pauvre
pèlerin au long cours.
A Compostelle, on allait d’une seule traite en partant de chez
soi, et on en revenait, soit par terre, soit par mer. D’autres sanctuaires,
d’autres chemins s’offrent au pèlerin pour peu qu’on
lui propose en même temps des raisons d’y aller et d’y
nourrir ses rêves et son imaginaire.
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aujourd'hui à
compostelle, des millions de pèlerins |
| L'initiative du Conseil de l'Europe, relayé par
l'Institut Européen des Itinéraires culturels, porte pleinement
ses fruits. Elle a redonné à Compostelle son lustre du XVIIIe
siècle et y conduit des foules qu'elle n'avait jamais connues.
Mais il y a plus, les Européens et, en nombre croissant des pèlerins
d'autres continents, ont retrouvé le sens de l'effort et la durée
du cheminement dans la démarche pèlerine.
Ces pèlerins cavaliers à l'étape de Roncevaux en 1982
ont reçu l'une des 120 Compostela de cette année-là |
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une voie romaine en Vendée, proposée au pèlerin d'aujourd'hui |
En cela Compostelle exerce une magie particulière,
on marche, on chemine, on roule vers Compostelle, une fois arrivé
on n'y séjourne pas. Aucun autre sanctuaire ne propose la même
démarche. (Lourdes a basé son essor sur le chemin de fer
!) Miracle de la mémoire collective.
Le pèlerin de Compostelle est invité à abandonner
les moyens de transport modernes. Les chemins oubliés reprennent
vie. Ce symbolisme de la marche est puissant, c'est celui des Elus de
l'Apocalypse.Mais des dangers
guettent. Comme autrefois, Satan se costume volontiers en saint Jacques
pour exploiter la crédulité des pèlerins et les "marchands
du Temple" sont toujours présents aux portes des sanctuaires
et sur les routes.
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| Le pèlerin a quitté son confort et ses habitudes
pour un temps. Il vit un moment exceptionnel, fait d'efforts inhabituels
certes mais également porteur de joies de rencontres et d'expériences
nouvelles. Il vit dans un monde clos, entre pèlerins comme lui, dans
une ambiance fraternelle. Mais une fraternité transitoire avec des
inconnus qu'on ne reverra plus n'est-elle pas illusion ? Trop souvent elle
s'évanouit dès le retour à la vie courante, même
au sein des associations d'anciens pèlerins. Ces rencontres entre
pèlerins, tous semblables, embarqués dans le même "wagon"
comme l'écrit le Père Michel Bureau, n'occultent-elles pas
la rencontre avec l'étranger dont on traverse le pays ? Il y a aussi
le danger de la surpopulation pèlerine, ces chemins européens
ne deviennent-ils pas certains jours des autoroutes à pèlerins
où règne la compétition pour être le premier
au gîte ? Compostelle exerce son attrait sur des gens extrêmement
divers, de toutes confessions et nationalités. Les statistiques concernant
les "Années Saintes" sont révélatrices :
en 1965 ils sont venus 4,5 millions de pèlerins ; En 1971, 5,4 millions
; En 1976, 6 millions, en 1999, 9 millions. |
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Les "compostela" délivrées
aux pèlerins ayant marché au moins pendant les 100 derniers
kilomètres sont passées de 120 en 1982 à plus de
50 000 en 2000. Parmi ces pèlerins, presque 90 % sont Espagnols.
Les autres viennent du monde entier, même si le point de départ
de leur marche à pied n’excède pas souvent les fameux
cent derniers kilomètres réglementaires.N'y a-t-il pas urgence
à retrouver pour d'autres lieux de pèlerinage l'apport compostellan
? Saint Jacques, partout vénéré au Moyen Age nous
y invite ainsi que de nombreux autres sanctuaires, comme autant de traits
d'union en Europe, innombrables sanctuaires mariaux et saints dont l'universalité
fait oublier la nationalité première.
certificat de pélerinage ou "Compostela", délivré
aux pèlerins qui ont fait les 100 derniers kilomètres à
pied
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les sanctuaires mariaux |

N D de la Daurade à Toulouse - France - |
L’Europe doit beaucoup à Marie qui participe activement
à sa construction par les échanges et rencontres dans ses
innombrables sanctuaires. Elle est beaucoup apparue à l’Ouest
au XIXe siècle après la proclamation du dogme de l’Immaculée
Conception en 1854. Elle a soutenu Jean-Paul
II et l’ouverture à l’Est.
Elle continue d’apparaître régulièrement,
à San Damiano en Italie, elle pleure à Civitavecchia, près
de Rome où se précipitent les pèlerins. Pas de barrières
de langue, la prière est la même de Lourdes à Medjugorjé,
les rituels se ressemblent aussi et les offrandes sont les mêmes,
argent et cierges.
En France, des pèlerins viennent de toute l’Europe prier
la Vierge à Rocamadour, à Chartres, au Puy, à La
Salette au-dessus de Grenoble, à l’abbaye du Frigolet près
de Tarascon, à Lyon, à Marseille… |
| Plus mystérieuses et venues, elles, du fond des
âges, les Vierges Noires gardent une popularité intacte.
L’une d’entre elles incarne depuis le XVIIe siècle
l’indépendance de la Pologne, l’icône de la Vierge
Noire de Czestochowa. Rien n’a pu stopper l’afflux des pèlerins,
ni les partages, ni les guerres, ni le communisme. Au contraire, le culte
de la "reine de la Pologne" s’est nourri des conditions
politiques dramatiques. Les papes Pie IX, Jean XXIII et Jean-Paul II sont
y sont venus en pèlerinage. D’autres Vierges Noires continuent
d’être vénérées, auréolées
de mythes et de légendes merveilleuses. Particulièrement
invoquées pour faciliter les grossesses et les naissances difficiles
avant que l’obstétrique ne vienne aider les jeunes mères,
les progrès scientifiques ne leur ont pas fait perdre leurs fonctions
: A Toulouse, Notre-Dame de la Daurade continue de prêter sa ceinture
à certaines jeunes parturientes et la paroisse distribue médailles
et rubans bénits à ceux qui en font la demande. |
 Fragment de la ceinture de la Vierge |
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le tourisme
religieux |
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Les pèlerinages sont une des plus vieilles formes
de migration touristique, qui se produit encore de nos jours. Le tourisme
religieux fait partie intégrante de l’industrie du tourisme.
Il peut se définir d’un point de vue spirituel en offrant au
croyant une facilité pour se mettre en relation avec le saint qu’il
vénère. D’un point de vue sociologique, il propose un
accès culturel à l’art sacré qui exerce une fascination
même sur des athées, conscients que les racines de leur culture
plongent dans ces lieux. Le catholicisme semble connaître une mutation
qui privilégie l’expérience intérieure et l’implication
effective du sujet, par exemple par une longue marche vers un lieu lointain
de pèlerinage : Compostelle certes mais aussi du Mont Saint-Michel
à Lourdes, de Lourdes à Rome ou à Fatima, ou encore
la lointaine Jérusalem. L’Eglise catholique encourage aujourd’hui
ces pratiques.
à Namur - Belgique - une Notre-Dame
du Pilier, plus proche que celle de Saragosse |
| Le tourisme religieux se place au croisement de deux réalités
qui semblent à certains inconciliables : l'image du touriste évoque
banalité, frivolité, consommation tandis que celle du pèlerin
est liée au sérieux, à l’ascétisme, à
l’engagement. Des professionnels du tourisme sérieux peuvent
adapter leurs propositions à la demande. Au choix, ils peuvent accompagner
ceux qui désirent une retraite spirituelle, ou proposer un prêtre
capable d’accompagner un groupe et de l’évangéliser,
ou encore aider simplement à comprendre la signification profonde
d’un édifice religieux témoignant d’une église
vivante, ou inclure le domaine religieux dans un voyage d’études
aux ambitions plus larges (comprendre l’emploi, les industries, l’alimentation…)
ou enfin se faire simplement le guide d’œuvres d’art dans
des lieux religieux considérés simplement comme des musées.
Les professionnels constatent ce développement d’un "marché
spirituel, animé par le besoin d'une connaissance exigeante, en dehors
des systèmes religieux réglementés". Ils s’efforcent
de s'y adapter.
Sur la façade de l'église
de Saint-Gilles du Gard, Saint Jacques le Majeur porte l'Epître
dont le Moyen Age le dit l'auteur
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